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         Hier soir, juste avant le concert de clôture du fe, la pluie a menacé, et on a eu bien peur que la soirée ne soit annulée. Il faut dire qu'ici, quand il pleut, ça ne rigole pas, ce sont de vraies tempêtes. Le ciel commence à s'assombrir : 100 0320


           Et après, il laisse des paysages de dévastation :


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          Pourtant, c'est loin d'être maléfique, la pluie, puisqu'après, ça rafraîchit la température et reverdit le paysage. Dans le jardin par exemple, les grands arbres paraissent encore tristes :


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  Pourtant, quand on y regarde de plus près, le paysage est en train de bien changer !





            Mais pour hier soir, tout est bien qui finit bien, puisque le concert a bien eu lieu et que j'ai bien pu entendre la voix fabuleuse de Mina Agossi, qu'il aurait été vraiment dommage de louper.

Mon appareil photo a pas un son génial, mais voilà toujours de quoi tester : Mina Agossi

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Dimanche 2 mai 2010 7 02 /05 /Mai /2010 20:11

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           La dix-huitième édition du festival Jazz à Ouaga se déroule actuellement dans la capitale burkinabè. Cela veut dire : des concerts tous les soirs de la semaine ! Cela veut dire : des artistes de plein de pays. Cela veut dire : du jazz. Ouias; Enfin, pour le dernier point, plus ou moins. Pour certains groupes, il faut creuser très très loin pour trouver un semblant de fond d'influence jazzy. Mais cela ne les empêche pas d'être sympas.

            Lorsque les groupes africains se produisent, il est intéressant de voir ce que donne cette musique partie d'Afrique, peaufinée aux Etats-Unis, et puis retransformée sur le continent de ses origines lointaines.

           Les groupes européens sont généralement plus "puristes", et certains même carrément académique, ce qui me renvoie à mon vieux cliché du jazz selon lequel c'est un genre musical qui fait une excellente BO au cinéma, ou un son d'ambiance au restau, mais pas un concert qu'on se contente d'aller voir, sans même un verre à la main. Mais certains de ces groupes européens m'ont très heureusement surprise, en particulier Alexandre Furnelle Quartet, groupe originaire de belgique (et oui, les Belges font AUSSI de la bonne musique) (parfois). Eux, je serais bien restée des heures à les écouter, et je tâcherai d'écouter leur CD. A découvrir si l'occasion se présente.

          Maintenant que grâce aux premières pluies la température est retombée, généralement sous la barre des 40°, il est très agréable d'écouter de la musique dans la nuit, dans l'espace en plein air du Centre culturel français.

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Vendredi 30 avril 2010 5 30 /04 /Avr /2010 14:39

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           Les conducteurs de motos burkinabè n'aiment pas perdre du temps. Alors ils roulent très vite. Et lorsque devant eux le feu est rouge, ils décident qu'ils doivent attendre le moins possible. Alors ils avancent. Au maximum. Jusqu'aux extrêmes limite du carrefour. Un ou deux mètres APRES le feu. Ce qui fait que lorsque ça passe au vert, au lieu d'attendre juste que la personne arrêtée au niveau du feu démarre et provoque l'avancée de toute la file, il faut que cette personne constate que le feu est vert, lève la tête, constate que personne n'avance devant elle, et klaxonne. Là seulement, le premier de la file démarre, et tout le monde peut avancer.

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Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /Avr /2010 18:53

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                Bon, juste pour me défouler un peu, on va lâcher les inconvénients de la vie ici, parce qu'il y a des moments où vraiment y'en a marre :


        - parce qu'il y a en a marre de passer des longues dizaines de minutes sur le banc d'un mécanicien en pensant "pourvu qu'elle redémarre ! pourvu qu'il faille pas changer des pièces trop chères !"

        - parce qu'il y en a marre de manger seule la plupart du temps, parce que culturellement, on mange pas trop en groupe, et que proposer à quelqu'un d'aller manger dehors signifie automatiquement dans son esprit : "chic, je suis invité, et du coup, je vais vraiment pas priver"

        - parce qu'il y en a marre de voir la bouffe soigneusement achetée dans le calcul de mes futurs repas disparaître en un clin d'oeil pour nourrir les 118 personnes susceptbles de passer par la maison (pas pour me voir moi, pas sur mon invitation à moi, pas en demandant, pas en remerciant)

        - parce qu'il y en a marre de tourner en rond dans une rédaction où rien n'est bien organisé, où il suffirait de très peu pour que tout aille mieux, ce qui n'intéresse visiblement personne

        - parce qu'il y en a marre de pas pouvoir parler 5 minutes avec un mec sans être ensuite harcelée de regards, propositions, et autres textos langoureux

         - parce qu'il y en a marre d'être appelé "le blanc" à tout les coins de rue

         - parce qu'il y en a marre des coupures d'eau, d'électricté, d'internet

         - parce qu'il y en a marre des chansons religieuses et de Garou qui tournent en boucle dans le bureau

         - parce qu'il y en a marre de refuser l'aumône au regard suppliant des enfants mendiants, que le "souteneur" attend en faisant semblant de rien

         - parce qu'il y en a marre des frissons devant les chairs sanguinolentes des accidentés quasi-quotidiens

         - parce qu'il y en a marre de manquer de vin, de fromage et de charcuterie

         - parce qu'il y en a marre de ne jmais avoir de température au-dessous

         - parce que, parce que, parce que


   Voilà, sinon tout va bien, mais des fois, ça fait du bien de râler...


        à bientôt pour un post plus optimiste (j'espère !)

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Mardi 27 avril 2010 2 27 /04 /Avr /2010 16:26

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           "Bon, la politique, la société, la religion, les paysages, la musique, c'est bien beau, mais c'est pas tout : qu'est-ce qu'on prend pour l'apéro ?" me demandent quelques incorrigibles lorsqu'ils daignent donner des nouvelles.

 

            La réponse est simple : de la bière !!!! en tout lieu, toute occasion, à tout moment de la journée : de la bière. La plupart ne sont pas très fortes, et, par conséquences, elles sont très désaltérantes, ce dont on a bien besoin lorsque la chaleur atteint des pics inimaginables (record enregistré par mon thermomètre : 48°C). Par contre, du fait des coupures ou de la localisation du maquis dans une zone rurale, lesdites bières ne sont pas toujours fraîches, petite plongée dans Astérix chez les Bretons : Goscinny n'a pas inventé la cervoise tiède, nous on la vit !!!!

           Les jus de fruit sont assez rares dans les maquis et autres assimilation de bars, alors la seule alternative aux boissons alcoolisées est ce qu'on appelle les "sucreries" : coca, fanta, sprite. L'overdose de sucre étant vite atteinte une seule solution => la bière. Pour les estomacs les plus solides, les maquis proposent généralement du ricard et 2 ou 3 autres boissons de même acabit, mais sous ce soleil, les commander revient à la certitude de rouler dans le caniveau (très puant). Donc bière.

 

          L'échantillon bièreux est assez développé au Burkina, et on a ainsi le choix entre 3 types de bière locale :

    

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       La Brakina (à gauche) et la So B. Bra (à droite) n'ont pas un goût très prononcé et leur taux d'alcool est très faible, ce qui en fait les boissons idéales du coeur de la journée.

       Par contre pour la soirée elles sont un peu ternes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           Mieux vaut alors se tourner vers la troisième bière locale, la Flag (à gauche), ou vers les bières d'importation, la Castel (à droite) 100 0043et la 33 Export.ouaga 7063

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

         Certains Burkinabè raffolent aussi de la Guinness, qu'on peut également trouver assez facilement. Cependant, compte tenu de la chaleur, je le trouve un tantinet indigeste sous ces tropiques.

 



             Enfin, pour les quelques irréductibles qui voudraient de la tradition, du plus local et plus terroir que ce que sont la Flag, la Brakina et la So B. Bra, il y a le dolo, une bière au sorgho vraiment artisanale, que l'on boit directement à la calebasse. Le hic, c'est que là où on fabrique le dolo, il n'y a généralement pas d'électricité, donc pas de dolo, cette boisson est donc généralement chaude et légèrement tournée (avec du dépôt !), ce qui ne la rend pas particulièrement agréable !


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Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 14:05

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           Quelques petits jours passés à Ouaga suffisent à mesurer l'omniprésence de Jésus. 

 

           Il est vendu en tableaux et statuettes aux moindres feux rouges, il est cité quotidiennement dans la presse, les livres de prière sont de loin les best-sellers parmi tous les ouvrages... Il est chanté dans nombre de chansons du coupé-décalé, ce rythme, très proche de la musique antillaise, propre au Burkina (le coupé-décalé est au Burkina ce que le mbalax est au Sénégal). Exemples de paroles chantées à grands coups de décibels : "Il est bon de louer Dieu, allélouiah !"....

          Jésus vient même se coller partout sur les voitures, les motos, et même dans les maisons : sur les frigos, sur le mur carrelé des cuisines :

 

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            Plus original encore, Jésus accompagne une large majorité de personnes tout au long de la journée . Comment ? C'est bien simple : les Burkinabè sont à 90% vêtus d'habits coupés dans du wax, un tissu aux motifs réguliers imprimé en série. Or, le wax le moins cher est celui où les motifs répétés célèbrent la chrétienté :

 

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Jeudi 22 avril 2010 4 22 /04 /Avr /2010 13:40

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 Orthographe, mon amour ! Cherchez l'erreur....

 

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Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /Avr /2010 13:37

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         Dans 7 mois auront lieu les prochaines élections présidentielles burkinabè. Et pour voter, les citoyens doivent se faire inscrire sur la liste électorale, même ceux qui ont déjà voté lors de précédents scrutins.

         Et le moins que l'ont puisse dire, c'est que les gens ne se bousculent pas pour faire cette démarche : certains journaux parlent même de boycott. Tout comme la taxe sur les véhicules est encore boycottée.


          Pourquoi ? Tout simplement parce que les Burkinabè n'ont plus confiance, dans un monde politique et un gouvernement corrompu de toutes part. Donc la taxe, censée aider les communes à se développer, n'a pas de succès parce que personne ne pense sincèrement qu'elle ira au bon endroit. Quant aux élections... J'ai trouvé, dans un journal satirique, une caricature qui illustre bien l'état d'esprit des gens, et reflète très certainement la réalité. Voyez plutôt :


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Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 13:22

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            Me voilà de retour du fameux festival Dilembu au Gulmu, dans le minuscule village de Tantiaka, à l'est du pays, pas très loin des frontières nigérienne et béninoise.


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             Et la première réflexion qui me vient, c'est qu'être plein de bonne volonté ne suffit pas pour produire un festival de qualité. Mais il est vrai que nous avons loupé les seules activités dont les critiques ont été positives : le concours culinaire, le défilé des géants (marionnettes traditionnelles), les combats de lutte. Pare que nous (ou plus exactement, les employés de l'ambassade de France qui nous ont très gentiment invités, et à qui revenait donc le droit légitime d'établir le programme) étions surtout venus pour les concerts du vendredi et du samedi soir.

          

            Vendredi soir, à notre arrivée, nous avons d'abord eu droit à une chanteuse traditionnelle du coin, qui chantait en gulmatché des textes qui ont pas mal fait réagir la foule. Bien que je ne comprenne pas, les sons m'ont plu. A suivi un groupe belge pas mal du tout, dont la musique entraînante donne envie de danser, bien qu'ici, on doive assister aux spectacles assis sur des chaises. Mais la, première critique : on ne peut pas débarquer comme ça dans un pays et ne pas tenir compte un minmum de sa culture. L'un des musicos était en effet torse nu, alors qu'ici, sorti de son habitation, même le plus pauvre des hommes cherchera un tee-shirt, même déchiré, pour se couvrir. De même, une des chansons m'a fait sourire : elle célébrait le café, dans toutes ses déclinaisons : au lait, pur arabica, brésilien, expresso... pour un public pour qui la seule forme connue du produit est le Nescafé soluble (d'une qualité bien inférieure à celui qu'on trouve en France malgré le fait que ce soit exactement la même marque et le même packaging), et que ce Nescafé soluble est déjà un luxe. Mais bon, simple critique de mauvaise langue...


            C'est après que les choses ont commencé à se gâter; lorsqu'a débarqué sur scène un couple burkinabè aux chansons pleines d'une débordante et écoeurante guimauve, la fille n'y jouant d'ailleurs pas grand rôle, à part reprendre quelques choeurs et faire admirer ce qui débordait de son décolleté plus que plongeant.

            Mais ce n'est pas tout, la descente a continué : après, est montée sur scène une Blanche d'une cinquantaine d'années, vêtue d'un pagne, qui a commencé à chanter sans talent particulier en mooré (en insistant bien pour bien prononcer les mots difficiles, ce qui donnait un annônnement d'écolier apprenant à lire). Même si à la rigueur on peut lui reconnaître l'effort de sa bonne volonté pour l'action de chanter dans la langue de l'autre, c'était un effort inutile, puisqu'en plein pays gulmatché, les gens ne comprennent pas le mooré !

            Puis, pour poursuivre le crescendo, une troupe de lycéens belges est venue chanter (faux) des chants de colonie de vacances, en traduisant ses interventions en français, en flamand (sic), en mooré, et en gulmatché. Intervention conclue par l'hymne belge joué à la flûte, couacs et canards innombrables, j'étais déjà en train de me rouler par terre de rire et de honte ...

             Enfin, pour clore ce concert magistral, Fils Premier est monté sur scène, un chanteur burkinabè aux paroles engagées telles que "Israël-Palestine, pourquoi cette guerre, il faut faire la paix"...


             Bref, après cette expérience plutôt désastreuse (sauf pour mes abdos que le rire a bien fait travailler), et comme le programme prévoyait exactement les mêmes "artistes" pour le samedi, nos hôtes ont résolu de rentrer sur Ouaga samedi après-midi, après une bonne matinée à parcourir les stands de produits régionaux et artisanaux, très intéressants. J'ai d'ailleurs fait quelques emplettes : beurre de karité, gâteaux et jus de pain de singe, rectangle de batik...


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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 13:15

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Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /Avr /2010 17:54

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            Une nouvelle fois, voilà que je vous abandonne quelques dizaines d'heures, ayant accepté à la dernière minute de me joindre à des employés de l'ambassade pour aller voir un festival de musique, de danse et de lutte traditionnelle, dans un petit village à 300 km à l'est.

            Voilà qui promet de jolies photos, mais et dire que je n'ai toujours pas monté le film de mon weekend dans l'ouest... Je vous jure de tout régler à mon retour, à la revoyure !!!

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Vendredi 16 avril 2010 5 16 /04 /Avr /2010 11:51

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          J'avais déjà écrit quelque chose sur le sujet, lors de mon passage au Sénégal il y a deux ans. Mais j'assiste ici à un phénomène d'une toute autre ampleur.

          En effet, si au Sénégal, l'excision n'était l'affaire que de quelques ethnies, installées dans les provinces reculées, et dans un environnemet où règne l'analphabètisme et la soumission à la tradition, il en va tout autrement au Faso. Selon une enquête nationale, 2femmes sur 3 sont excisées au Burkina Faso. Le rapport indique aussi que' "une étude prospective sur une année a montré que les complications des mutilations génitales féminines constituaient 7.3% des consultations externes en gynécologie et que la majorité de ces complications étaient découvertes entre 15 et 24 ans (36 cas sur 49). Les principaux motifs de consultation étaient la dyspareunie et l'impossibilité des rapports sexuels (30 cas sur 49)".


        Mais comment changer les choses quand même dans la capitale, même les gens qui ont fait des études, même les journalistes, qui devraient être aux avant-postes de la lutte, ne sont pas convaincus des risques qu'elle comporte et de sa cruauté ?

        Mon boss : "Comment peux-tu être si farouchement contre l'excision, alors que tu ne l'as pas été, que tu ne peux donc pas savoir ce que ça fait et comparer ? Ma mère était sage-femme, elle a vu des femmes excisées et non excisées, s'il y avait des conséquences vraiment graves lors de l'accouchement, elle le saurait, pourtant, elle a choisi d'amener mes petites soeurs chez l'exciseuse. C'est donc qu'elle a pensé que c'était bénéfique et sans danger".

         Mon coloc : "Si j'avais une fille là maintenant, je l'amènerais à coup sûr chez l'exciseuse."


          Ces pratiques sont pourtant interdites par la loi, qui prévoit des peines de prison pour ceux qui commettent l'opération, et des amendes pour ceux qui en ont connaissance, et ne les dénoncent pas. Mais quand une grande majorité est solidaire pour défendre les exciseuses, celles-ci peuvent exercer en toute tranquillité : en 20 ans, seulement 15 personnes ont été jugées pour ce genre de crime, c'est bien peu par rapport à toutes celles qui exercent. J'ai même pu moi-même me rendre compte que chacun connaît au moins une exciseuse, à laquelle s'adressent les membres de son entourage, c'est un secret de polichinelle.


         La seule chose dont on puisse "se réjouir", c'est que l'excision telle qu'elle se pratique généralement au Burkina est "moins grave" que celle que connaissent d'autres pays (dont l'est du Sénégal) : d'après le rapport d'étude "L'ablation du clitoris et des petites lèvres est la forme la plus pratiquée", il n'y a donc pas de couture ou de ligature, c'est déjà ça.


         N'empêche...

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Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /Avr /2010 17:28

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         J'avais prévu une soirée pépère pour me reposer un peu, mais mon coloc est rentré hier soir en m'annonçant qu'il allait écouter des contes, et me propose de me joindre à lui... Ma foi, que serai l'image qu'on a de l'Afrique, sans ses fameux contes ? J'ai donc suivi le mouvement... et ne l'ai pas regretté.


        Plus d'une heure durant, trois conteurs, accompagnés de deux musiciens (calebasse et guitare) m'ont promené au coeur du monde secret de l'Afrique ancestrale, ou pierres, arbres, dieux et animaux peuvent parler et contribuer à trouver un sens au monde, et une moral de vie.  Car tout comme les fables occidentales, chaque conte porte sa leçon : il ne faut pas être paresseux, il faut s'entraider, il ne sert à rien d'être vantard...

       Dans ce monde coloré, les humains occupent une place de choix. Il y a des hommes paresseux, des écervelés, des sages, des courageux; des curieux, des jeunes filles "aux yeux arc-en-ciel, aux seins bien dressés et aux fesses mathématiquement arrondis", des vieux sages qui vivent dans des cabanes dans les arbres...

        Les histoires s'enchaînaient naturellement les unes aux autres, soit parce que les conteurs prenaient pour le conte suivanun personnage secondaire de la précedente histoire, soit parce que d'une morale découlait une nouvelle question, nécessitant un nouveau conte pour être résolue.


         Mais la caractéristique principale de toutes ces histoires, c'est l'humour. Je me suis poilée non stop toute la soirée, et les conteurs dégageaient toute la bonne humeur u monde. Cela tenait aussi beaucoup à l'ambiance, le public étant composé quasi-exclusivement des jeunes burkinabè dans la vingtaine ou la trentaine (pas d'enfants, ce qui peut paraître surprenant pour une soirée contes), qui répondaient sans peine aux sollicitations des conteurs, et réagissaient à haute voix aux retournements de situation : cris, rires, commentaires, exclamations... Le spectacle n'était donc pas que sur la scène !

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Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 16:32

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       Etrange week-end que celui qui vint de finir. En effet, ne pouvant me permettre de quitter Ouaga pour la deuxième fois consécutive mais voulant quand même marquer une nette différence avec la vie quotidienne d'une semaine travailleuse (ou pas), j'ai pris mes cliques et mes claques, et suis allée squatter chez Wachila, une amie qui habite au coeur de la banlieue de la capitale, un secteur appelé Tampuy.

       En fait, sans tous les problèmes qui ont marqué ma recherche de toit, c'est là que j'aurais dû habiter : Wachila habite la porte à côté du premier appartement pour lequel j'avais donné mon accord (et payé le propriétaire - qui m'a remboursée ensuite). De ce jour où nous nous sommes rencontrées en qualité de futures voisines, nous avons gardé des contacts réguliers, et nous rendons souvent mutuellement visite. C'est cependant la première fois que je passe là-bas un weekend entier.

       Rien de spécial à raconter sur le samedi, un samedi après-midi pépère entre connaissances récentes comme il s'en déroule des millions à travers le monde. Mais le dimanche, où ma présence n'était déjà plus un évènement mais un fait considéré comme acquis ou normal fut nettement plus porteur d'enseignements.

 

      6h30. Auun réveil ne sonne, pourtant, dans tous les appartements de la cour, les femmes se lèvent, et s'attèlent au ménage : balayage, serpillère, vaisselle. Il en est ainsi tous les matins. Elles se croisent dans la cour, se saluent, s'entraident, mais ne perdent pas de temps en blablas : d'abord les travaux, on se reposera après.

      Le bâtiment est neuf, et il souffre de quelques imperfections qui me font me réjouir de n'avoir finalement pas pu loger là, la plus grosse étant que l'eau courant n'a toujours pas été installée par le bailleur (ce qui était pourtant promis pour le jour de ma supposée installation, il y a 35 jours !). Il faut donc héler les porteurs d'eau qui passent à la fraîche, et leur demander assez de bidons pour quelques jours, 40 litres, 60 litres...

      Ce n'est qu'après toutes ces tâches que la journée commencera vraiment pour toutes ces femmes.


      Pour Wachila, jeune chanteuse de 26 ans, le fait que ce soit dimanche ne change pas grand-chose, si ce n'est qu'elle n'aura pas à se rendre au studio où elle enregistre actuellement un disque. Mais elle ne peut pas se permettre de laisser sa voix se reposer : il lui faut travailler.

      Nous nous rendons donc ensemble chez ses amis musiciens, qui attrapent koras et calbasses pour l'accompagner. Après avoir répété les chansons actuellement en cours d'enregistrement, ils se mettent au travail de création. Objectif de la séance : trouver le couplet manquant pour terminer une chanson. C'est en diola, donc je ne comprends pas grand-chose à ce qui se passe. Les rythmes et la voix de Wachila me plaisent néanmoins, et je sais qu'ils parlent d'amour, d'amitié, mais aussi des réalités du quotidien, du manque de travail, etc...

   

      Après la séance de travail, retour à la maison pour le déjeuner, puis vient l'heure des séries, ces acros-saintes séries interminables, d'origine mexicaine, argentine, indienne ou encore ivoirienne, dont toute femme ouagalaise connaît les moindres détails. Dans toutes, il y a toujours la femme fourbe et soupçoneuse qui manipule tout le monde mais finit par être à son tour (au 1 968ème épisode) manipulée et trompée par les "gentils", il y a des enfants victimes des machinations des adultes, des recettes classiques quoi.

       La télé est allumée depuis quelques minutes à peine, quand de petits coups timides se font entendre à la porte. Un enfant avance la tête, me lance un regard interloqué, paralysé sur le seuil, avant de s'enhardir et d'entrer s'asseoir devant l'écran, bientôt suivi par un deuxième, puis un troisième, puis une demi-douzaine qui ont tus le même comportement surpris en me voyant. Wachila est la seule à posséder un poste de télévision dans la cour, ce qui explique cette soudaine affluence : tous veulent savoir si la méchante Soraya va finir par se faire prendre et si l'épouse Vahidéhi va finir par arriver à divorcer de son mari volage, malgré l'opposition du beau-père très à-cheval sur ses prérogatives de chef de famille.

        Les séries télé, c'est bien gentil, mais au bout de deux heures, ça use, et je m'éclipse discrètement.


        Je retrouve Wachila le soir, dans un bar-restaurant, où ses amis musiciens, dont j'ai fait la connaisance le jour même, se produisent pour la dernière fois avant plusieurs semaines.

        Le chanteur m'aperçoit, et signale au micro qu'il me dédicace la chanson suivante. A ma grande surprise, c'est une improvisation, en français, qui parle vraiment de moi !!! Je ne saurai plus en citer exactement les paroles, mais en gros, ça parle des raisons de ma venue en Afrique, de mon parcours professionnel passé et futur sur le continent, de mon choix porté sur de petits journaux d'opposition aux conditions de travail précaires plutôt que dans des journaux plus classiques et mieux payés, bref, de beaucoup de sujets évoqués le matin même... A la fois flatteur et gênant, heureusement encore que je ne m'étais pas montrée trop bavarde ! Cela dit, qui peut se vanter d'avoir entendu une chanson sur lui devant un public d'une quarantaie de personnes ?

    

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Mardi 13 avril 2010 2 13 /04 /Avr /2010 15:31

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        En fait, c'est toujours la même liste d'insolites, mais si on sort un peu de Ouaga, on en trouve de nouveaux !!!

       Dans la deuxième ville du pays, Bobo-Dioulasso, une place a été baptisée "Place de la femme". Un hommage féministe au Deuxième Sexe trop longtemps opprimé ? Pas sûr, au vu de la statue, qui représente une femme... en train de balayer !!!!

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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 15:18

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