Partager l'article ! ça chauffe à Mada: La revoilà qui pointe son nez, la fameuse crise malgache dont tout le mond ...
Tout a commencé par une année à Dakar, où j'ai découvert à la fois l'Afrique et ce métier de journaliste : en quelques semaines, je n'imaginais plus vraiment d'avenir sans l'une ni sans l'autre.
Depuis, je m'efforce de poursuivre ces pérégrinations pour connaître, comprendre, et avancer.
De déboires en découvertes, je vous invite à me suivre par ce blog !
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La revoilà qui pointe son nez, la fameuse crise malgache dont tout le monde me parlait tant. Je trouvais jusque là le pays bien calme, par rapport à tout ce qu'on m'avait raconté, mais ce n'était visiblement qu'une trêve.Pour l'instant, rien de vraiment concret, on sent juste, dans la rue, que l'atmosphère s'est tendue, à d'nfimes détails, très difficiles à faire passer à l'écrit.
La cause de cette tension : le référendum constitutionnel qui approche, et qui propose aux Malgaches de ratifier le cadre légal à une société bannissant Ravalomanana. L'éviction de l'ancien président semble d'ailleurs être le seul but de cette constitution, dont chaque article ou presque énonce des critères auxquels il ne répond pas. Et, bien sûr, l'âge légal d'accession à la présidence a été rabaissé, l'actuel "président de la transition" étant un tout jeune loup (mais effrayant quand même).
La campagne est lancée. Mais publiquement, elle n'encourage qu'un seul résultat, le OUI. Si les partisans du nom tiennent quelques réunions par-ci, par-là, ils sont complètement évincés de la vie publique, et même médiatique. Chez nous (à mon journal, je veux dire), nous avions deux journalistes d'opinions contraires, pour garantir la couverture de toutes les tendances. Mais le Chf de l'Etat a exercé un puissant chantage auprès du PDG. En gros, c'était se débarasser du journaliste gênant, ou le journal tout entier aurait de tels ennuis que sa fermeture à court terme deviendrait inévitable. Donc exit notre ami Fano, à ma grande colère, car jusque là, je n'avais jamais vu céder aussi ouvertement aux pressions, et notre hiérarchie nous encourageait plutôt à foncer sur les infos gênantes, dans la mesure où elles étaient vérifiées. Mais dorénavant, il nous a été recommandé en réunion d'y aller mollo sur les scoops embarrassants pour le gouvernement, si nous ne voulions pas subir le sort de Fano. Premier visé, le caricaturiste. Triste jour pour le journalisme.