Partager l'article ! Bingiza: C'est un joli nom, non, pour un animal domestique ? Genre pour le proch ...
Tout a commencé par une année à Dakar, où j'ai découvert à la fois l'Afrique et ce métier de journaliste : en quelques semaines, je n'imaginais plus vraiment d'avenir sans l'une ni sans l'autre.
Depuis, je m'efforce de poursuivre ces pérégrinations pour connaître, comprendre, et avancer.
De déboires en découvertes, je vous invite à me suivre par ce blog !
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C'est un joli nom, non, pour un animal domestique ? Genre pour le prochain hamster que j'avant qu'il ne me reprenne l'envie de voir d'autres cieux, et que je laisserai donc vieillir et mourir entre les mains de ma maman. Sauf qu'en fait, non, finalement, je baptiserai personne comme ça, parce que quelque poétique que soit sa sonorité, Bingiza, c'est un cyclone.
Il a soufflé ici, il y a quelques jours. Enfin, quand je dis ici, c'est sur le pays, mais pas précisément sur Tana. Même très loin, à des centaines de kilomètres, ce qui ne veut pas dire qu'on ne le sentait pas. Des rafales de vent comme j'en avais jamais vues, et une pluie torrentielle, le tout plusieurs jours de suite, sans la moindre pause.
En fait, Binziga est passé deux fois, le fourbe. La première fois, il est venu de l'est, et a traversé le nord du pays avant de ressortir dans le canal du Mozambique, ce couloir d'océan qui sépare Madagascar de l'Afrique, et plus précisément, comme quoi il porte bien son nom, du Mozambique. Mais dans ce canal, les vents et courants sont taquins, et pan, ils ont décidé de nous renvoyer notre cyclone, par le sud pour changer, et de lui faire remonter le pays.
En tout, Bingiza, c'est plus d'une vingtaine de morts sur le coup, mais combien d'autres après, car des milliers de gens se retrouvent sans abri, et dans des conditions hygiéniques des moins hygiéniques, dans un pays où sévissent des maladies aussi drôles que la peste ET le choléra (ici, pas le choix cornélien entre l'un ou l'autre, c'est les deux).
Le pire, c'est que quand on le vit, comme ce fut mon cas, d'un petit peu loin de l'oeil et depuis une maison bien en dur, ça ne ressemble pas à un drame. Après tout, quel confort relatif de se sentir bien au sec emmitouflé dans sa couette, pendant que dehors, les éléments se déchaînent ? Et puis d'un point de vue d'étranger, cette petite excitation de vivre un truc exceptionnel, de se dire "je suis dans un cyclone" en sachant qu'on ne craint rien... Mais cela entraîne aussi une bonne dose de cupabilité d'avoir pu ressentir une telle sensation, lorsqu'on prend connaissance du bilan humain. J'ai envie de dire que le matériel ne compte pas, mais quand les dégâts "matériels", ce sont essentiellement les maisons des gens et les cultures qui auraient dû leur permettre de manger pour les prochains mois, si, c'est grave, et ça compte.