Partager l'article ! Voleur, voleur !: En ce paisible dimanche, nous nous promenions dans les rues tellement paisible d'Antsirabe, ...
Tout a commencé par une année à Dakar, où j'ai découvert à la fois l'Afrique et ce métier de journaliste : en quelques semaines, je n'imaginais plus vraiment d'avenir sans l'une ni sans l'autre.
Depuis, je m'efforce de poursuivre ces pérégrinations pour connaître, comprendre, et avancer.
De déboires en découvertes, je vous invite à me suivre par ce blog !
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En ce paisible dimanche, nous nous promenions dans les rues tellement paisible d'Antsirabe, savourant cette journée de congé, quant un attrouppement nous arrêta.
De là où nous étions, nous de voyions rien d'autre que des dos (enfin, si, des nuques, des jambes et des fesses, mais bon, rien de ce qui était au centre). Par contre, des clameurs se faisaient entendre. Je suis hélas
toujours aussi peu douée pour les langues, et mon interprète favori(
) dû me traduire : "C'est un voleur que les riverains ont attrapé".
Quelques efforts, et j'aperçus effectivement l'homme à terre, sous les coups de la foule. "Mais, ils ne vont pas le remettre à la police ?" "Si, après, du moins s'il est pas trop amoché".
Hem, voilà voilà, présomption d'innoncence, procès équitable, droit à la défense... Comment mieux comprendre ces points fondamentaux qu'en étant confronté de visu à leur contraire. Et si cet homme n'avait rien fait ? J'ai d'autant peu confiance dans les jugements de la foule qu'il y a peu de temps, une vieille dame accusée d'être une sorcière a été lynchée par la foule en bas de mon quartier, et n'en a pas réchappé.
Et même s'il était coupable, la réponse était-elle vraiment la bonne ?
Pour le devenir de ce bonhomme, je tiens quand même à vous rassurer. Quelques dizaines de minutes plus tard, alors que nous étions retournés chez notre amie, nous vîmes de la terrasse passer la même foule, qui se dirigeait vers le poste de police. L'homme, au milieu, marchait sans trop de peine.
Je ne sais pourtant pas si c'est entièrement rassurant pour la suite : les décès en garde à vue sont quand même monnaie courante à Madagascar, sans que personne (ou presque) ne s'en émeuve outre mesure. Et lorsque c'est sur le terrain, c'est pire. A chaque fois que les manchettes des journaux annoncent que "la police a abattu deux malfaiteurs" (une manchette relativement courante, je dirais à vue de nez tous les 10 jours), tout le monde a l'air de penser qu'il y a lieu de se réjouir.
Il est parfois tellement difficile de comprendre et de se faire comprendre...