Nooooooooooooon ! Vous croyiez que c'était fini ? Vous le croyiez vraiment ? Vous n'aviez pas encore compris qu'avec le Sénégal on n'est JAMAIS au bout de ses surprises ???
Je reprends mes aventures là où je vous avais laissé l'autre jour, c'est-à-dire lorsque je me rendais à l'aéroport à 20 heures,
pour une première tentative de retour au pays natal.
Le vol étant affiché à 22h55, je m’enregistre le plus normalement du monde, mais on m’annonce que le vol a 3 heures de retard. Je dois revenir à minuit pour l’embarquement. Soit. Je retourne donc à la maison, où je trouve ma colocataire médusée. Quelques heures après, je la quitte sur un ironique «à tout à l’heure, je t’appelle au prochain problème !». Mais je ne croyais pas si bien dire. Tout s’annonçait pourtant sous les meilleurs auspices : les formalités de police, le contrôle des bagages à main… Il a fallu attendre d’être dans la salle d’embarquement pour qu’on nous annonce, à nous les deux cents et quelques passagers de ce vol Ibéria IB6971, que l’avion ne décollerait pas ce soir-là. Et pour cause, il n’était même pas encore parti de Madrid ! Et son personnel aurait ainsi dépassé les 12 heures de travai réglementaires. Il fallait donc attendre le lendemain. «Pas de problème, ont certifié les employés. Des bus sont à votre disposition sur le parking, nous allons partir à l’hôtel». Mais l’habitude m’a appris qu’il y a toujours un «sauf que». Cette fois, c’était qu’il n’y avait en réalité aucun bus sur le parking. Autour de moi, les caractères de chacun des passagers commençaient à ressortir. Il y avait les fatalistes, comme moi, qui s’asseyaient dans un coin, sur leur sac à dos, en attendant de savoir ce qu’il allait se passer. Il y avait ceux qui râlaient, ceux qui exigeaient, ceux qui criaient, ceux qui en profitaient pour raconter leur histoire à qui voulait bien les écouter… Des touristes impatients, des hommes d’affaires trépignant pour leurs rendez-vous, des familles aux jeunes enfants brisés par le sommeil, des femmes enceintes exténuées, le vrai drame humain d’une dame devant d’urgence se rendre au chevet de sa fille gravement malade…
A trois heures du matin, l’ensemble des passagers
était enfin transféré dans un hôtel, où le confort compensait une partie du stress accumulé. Ce n’est que le lendemain que nous fûmes informés de la suite : nous partirions le soir, à partir
de 18 heures…
Je retournais donc à la rédaction, histoire de montrer à mes amis qu'on ne se débarrasse pas de moi si
facilement, puis il fallut quand même partir.
Cette fois, cela semblait bel et bien fini, et ça l'était d'une certaine façon : l'avion a bien pris son
envol, c'est à ce moment précis seulement que j'ai réalisé que c'était fini...
Déjà, à la première escale que l'avion fit aux canaries, je m'aperçus qu'effectivement, quelque chose était différent :
des rues trop droites, trop vides, trop éclairées, des maisons trop carrées, le Sénégal était déjà loin...
Arrivée à Toulouse, ma destination finale, je m'aperçus que le Sénégal m'avait quand même fait un clin d'oeil... en
gardant mes bagages ! Je les récupèrerai samedi... en mode inch'allah !
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