monaadakar

              Nooooooooooooon ! Vous croyiez que c'était fini ? Vous le croyiez vraiment ? Vous n'aviez pas encore compris qu'avec le Sénégal on n'est JAMAIS au bout de ses surprises ???
            Je reprends mes aventures là où je vous avais laissé l'autre jour, c'est-à-dire lorsque je me rendais à l'aéroport à 20 heures, pour une première tentative de retour au pays natal. 

             Le vol étant affiché à 22h55, je m’enregistre le plus normalement du monde, mais on m’annonce que le vol a 3 heures de retard. Je dois revenir à minuit pour l’embarquement. Soit. Je retourne donc à la maison, où je trouve ma colocataire médusée. Quelques heures après, je la quitte sur un ironique «à tout à l’heure, je t’appelle au prochain problème !». Mais je ne croyais pas si bien dire. Tout s’annonçait pourtant sous les meilleurs auspices : les formalités de police, le contrôle des bagages à main… Il a fallu attendre d’être dans la salle d’embarquement pour qu’on nous annonce, à nous les deux cents et quelques passagers de ce vol Ibéria IB6971, que l’avion ne décollerait pas ce soir-là. Et pour cause, il n’était même pas encore parti de Madrid ! Et son personnel aurait ainsi dépassé les 12 heures de travai réglementaires. Il fallait donc attendre le lendemain. «Pas de problème, ont certifié les employés. Des bus sont à votre disposition sur le parking, nous allons partir à l’hôtel». Mais l’habitude m’a appris qu’il y a toujours un «sauf que». Cette fois, c’était qu’il n’y avait en réalité aucun bus sur le parking. Autour de moi, les caractères de chacun des passagers commençaient à ressortir. Il y avait les fatalistes, comme moi, qui s’asseyaient dans un coin, sur leur sac à dos, en attendant de savoir ce qu’il allait se passer. Il y avait ceux qui râlaient, ceux qui exigeaient, ceux qui criaient, ceux qui en profitaient pour raconter leur histoire à qui voulait bien les écouter… Des touristes impatients, des hommes d’affaires trépignant pour leurs rendez-vous, des familles aux jeunes enfants brisés par le sommeil, des femmes enceintes exténuées, le vrai drame humain d’une dame devant d’urgence se rendre au chevet de sa fille gravement malade…

               A trois heures du matin, l’ensemble des passagers était enfin transféré dans un hôtel, où le confort compensait une partie du stress accumulé. Ce n’est que le lendemain que nous fûmes informés de la suite : nous partirions le soir, à partir de 18 heures… 
               Je retournais donc à la rédaction, histoire de montrer à mes amis qu'on ne se débarrasse pas de moi si facilement, puis il fallut quand même partir.
                Cette fois, cela semblait bel et bien fini, et ça l'était d'une certaine façon : l'avion a bien pris son envol, c'est à ce moment précis seulement que j'ai réalisé que c'était fini...
             Déjà, à la première escale que l'avion fit aux canaries, je m'aperçus qu'effectivement, quelque chose était différent : des rues trop droites, trop vides, trop éclairées, des maisons trop carrées, le Sénégal était déjà loin...

             Arrivée à Toulouse, ma destination finale, je m'aperçus que le Sénégal m'avait quand même fait un clin d'oeil... en gardant mes bagages ! Je les récupèrerai samedi... en mode inch'allah !

Publié dans : monaadakar
Vendredi 8 août 2008 5 08 /08 /Août /2008 01:07

Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
               Et voilà.
              Une dernière soirée, amicale, une dernière nuit, amoureuse, une dernière virée, commerciale, histoire de récompenser les plus fidèles lecteurs, et le beau voyage s'arrête.
              Un an après, ou presque, et me voilà plus tout à fait la même, pas totalement différente non plus... Un peu grandie, un peu moins idéaliste, beaucoup plus volontaire, moins insouciante, encore plus autoritaire si c'est possible...
                Je pars pour l'aéroport dans une heure.

                Je ne sais pas si c'est le dernier post de ce blog, ou si la réadaptation à la société française me fournira d'autres anecdotes tout aussi croustillantes.
                Merci à ceux qui ont lu et réagi. Et qui sait, un jour, il y aura de nouveau un Monaadakar, ou un Monaaabidjan, ou que sais-je... En mode Inch'Allah...
Publié dans : monaadakar
Mardi 5 août 2008 2 05 /08 /Août /2008 20:43

Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire

             Ce week-end, mes chers amis les layènes ont sorti le grand jeu : ce n'est rien de moins que leur pèlerinage annuel... vers le mausolée de leur quartier saint... Yoff, MON quartier quoi !
             Bref historique de cette cérémonie, pour mettre un petit plus culturel, et ne pas se contenter de jérémiades : il y a 128 ans aujourd'hui (je crois, je ne suis plus sûre du nombre d'années), Seydina Laye lança depuis Yoff un appel, se réclamant de la descendance du prophète. C'est cet appel qui fut à l'origine de la fondation de la confrérie layène.
            Pour commémorer cet anniversaire, les Yoffois ne font pas les choses à moitié. Depuis le début de la semaine, les rues sont sans cesse nettoyées, des grandes banderoles ont été affichées à l'entrée du quartier et, surtout, des haut-parleurs ont été installés un peu partout... dont sur l'immeuble d'en face ma chambre, pile à la hauteur de ma fenêtre. Quelle ne fut pas ma douleur, au petit matin, quand je fus réveillée par des chants, que dis-je, des hurlements, à un niveau sonore difficilement supportable. J'eus beau tout tenter, enfouir ma tête sous draps, bras et coussins, rien n'y fit, le rendormissement fut impossible. 

Publié dans : monaadakar
Dimanche 3 août 2008 7 03 /08 /Août /2008 18:56

Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

            La nourriture sénégalaise, je la mange depuis le début. Quant à la faire, c'est une autre histoire... Les explications des gens m'ont toujours rebutées : c'est trèèèèèèès long à préparer, parait-il. Mais à 5 jours du départ, il était temps de s'y mettre, ne serait-ce que pour faire découvrir cette cuisine aux amis restés au pays. Pour cela, nous avons désigné Aziz comme prof-cuistot.

            La première étape a été d'aller faire les courses ce matin, au marché du quartier. Dans une vaste salle animée, on trouve de tout pour faire tous les plats sénégalais possibles et imaginables. Notre choix s'était naturellement porté sur le plat national, le cieb bu jën. Du riz, du sel et de l'huile, nous en avions. Mais il fallait acheter tout le reste, à savoir : un poisson, du manioc, des patates, des carottes, des oignons, des choux de deux espèces différentes, une aubergine, du concentré de tomate, du poivre, du persil, et l'ingrédient indispensable à tout plat sénégalais, des cubes Maggi (qui existent aussi avec des variantes : Jumbo ou Tèm-tèm, pour lequel je ne résiste pas à vous dévoiler le slogan affiché par les pubs : "Tèm-tèm, et ton mari t'aime !").

            Puis est venue la phase délicate, la préparation du repas.
            Je ne pense pas avoir déjà évoqué cet aspect, mais une des premières choses que remarque l'Européen en débarquant dans une maison sénégalaise, c'est le peu de mobilier et d'ustensiles qu'elle contient (en général du moins). Tout se fait donc à l'économie de matériel, et pour préparer un plat contenant à la fois des protéines, des féculents et des légumes, on n'a besoin, tenez-vous bien, que d'une seule marmite et d'un seul feu. C'est pour ça que c'est si long, mais pour ça aussi que le goût est riche.
             Après avoir farci le poisson avec un mélange de Maggi, d'oignon, de persil et de poivre savamment pilé dans un mortier, on met sur le feu la fameuse marmite, qui contient une bonne dose d'huile. Cette marmite restera sur le fau jusqu'à la fin de la préparation. C'est là qu'on commence par faire cuire le poisson, quelques minutes à peine. On repêche ensuite l'animal, qu'on met de côté dans un plat. Dans l'huile qui chauffe toujours, on verse à présent la sauce tomate, faite de concentré, d'eau, et de l'inévitable cube Maggi. Puis viennent les légumes. Quand ces derniers ont l'air cuits, on les retire à leur tour, et on les envoie rejoindre le poisson. Dans l'huile qui cuit toujours avec la tomate, l'eau, le jus de cuisson du poisson et des légumes, c'est au tour du riz d'être versé. Bien sûr, on a aussi abondamment salé tout au long de la recette.
             Une fois le riz à point, il n'y a plus qu'à le verser dans le grand plat commun, rajouter les légumes, puis le poisson par-dessus, et bon appétit !

ps : le souvenir que je garderai quand même de cette préparation, c'est que contrairement aux ustensiles que l'on trouve généralement en France, les marmites sénégalaises n'ont PAS les poignées isolantes, donc si on les touche sans précaution, on se brûle ! Deux énormes cloques sur mes doigts l'attestent. 

Publié dans : monaadakar
Jeudi 31 juillet 2008 4 31 /07 /Juil /2008 18:35

Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

                 L'heure est venue de commencer à faire les adieux à ce pays et aux gens que j'y ai rencontrés. La tournée va me prendre quelques jours. Je l'ai commencée par un pèlerinage à Ouakam, dans la famille de Sam, mon ami du début, qui m'a reçue pour la fête de la Korité. Je ne les avais pas vus depuis novembre. Les enfants avaient grandi, les parents un peu vieilli, une des soeurs était sur le point de se marier, mais c'était toujours la même atmosphère chaleureuse, la même douce hospitalité. Mon geste de passer les saluer avant de rnetrer a eu l'air de les toucher, ça m'a fait plaisir aussi. Sam m'a promis que "Mon fils aîné, si c'est une fille, il portera ton nom" ! Mignon tout plein ! Dernière soirée enfumée avec ses potes sur les toits ouakamois, avant de nous séparer, non sans une formule consacrée, "prends soin de toi"...
                   Un rhume a malheureusement interrompu ce bel élan de salutations, qu'il me faut désormais avoir le courage de reprendre : un tour au centre ville, un tour aux Parcelles chez les potes, un tour dans mes repères de sortie...

Publié dans : monaadakar
Jeudi 31 juillet 2008 4 31 /07 /Juil /2008 11:17

Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

         Un peu découragés par les multiples péripéties que nous avons dû affronter pour atteindre ce qui ne devait être qu'une étape, nous avons finalement décidé de nous fixer à Kayes, chef-lieu de la région éponyme, au Mali.
          "Nous fixer", cela ne veut pas dire que nous sommes restés sédentaires : nous avons passé une nuit dans une sorte de foyer pour jeunes, hyper-gore, hyper-crade, avec des coupures d'eau intempestives (très agréable après 8h de route quand la douche s'impose). Après cette nuit quasi-blanche, ont suivi deux nuits dans une auberge municipale sans moustiquaire, donc la première passée à se faire bouffer au point de ressembler à des enfants atteints de varicelle, la seconde à asphyxier sous les vapeurs des insecticides. Pour échapper à cela, nous avons tenté sans succès d'obtenir une chambre pour 3 dans ce que nous avons appris plus tard être un hôtel de passes, avant d'échouer dans une auberge plus chère, mais bien en apparence (clim, ventilo, moustiquaires). mais les apparences sont souvent trompeuses : la clim était chelou, le ventilo trop bruyant pour qu'on puisse dormir avec, la moustiquaire trouée, et les matelas infestés de puces. Nous y avons quand même passé 2 nuits, en mode warriors !

           Bon. Assez parlé de nos misères, voyons un peu les bons côtés du Mali. Voilà un endroit où l'arnaque, les beaux-parleurs, les mendiants et autres racketteurs sont beaucoup moins présents qu'au Sénégal, ce qui fait qu'on peut l'aborder de manière plus détendu, même si si on ne comprend rien de ce qui se passe (et oui, après un an d'efforts, j'arrive désormais tant bien que mal à comprendre les dialogues en wolof, mais là, c'était du bambara !).

            Khayes n'est pas une ville spécialement remarquable en elle-même. Il est même étrange de qualifier de ville ce qui ne semble parfois qu'un vaste espace inorganisé, avec des terrains vagues en plein centre, des distributeurs qui refusent les mastercards et autres réjouissances. En y regardant de plus près, elle recèle quand même de quelques charmes, les berges du fleuve Sénégal qui la traverse, les bâtiments coloniaux de la gare et des environs, le marché bien rangé en quartiers (celui des mécanos, le coin des légumes, le coin des menuisiers...).

             Quant aux environs de la ville, par contre, ils sont vraiment magnifiques. Enfin du relief, des montagnes, de collines, des plateaux... Et comme il y a aussi un fleuve (mais siiiiiii, le Sénégal, je viens de le dire), cela donne des chutes par endroits. Nous en avons vu deux, Felloux et Paparas. Celles de Felloux étaient énormes, très bruyantes, mais nous n'avons fait que les aprecevoir, il est impossible de trop s'en approcher à cette saison. A Papara, c'est l'inverse, le débit de la "cascade" n'a rien d'impressionnant, pour contre, c'est une immense falaise, et l'eau tombe dans un magnifique lac, dans lequel nous avons pris un bon bain (bien chaud).
 
     

             Toujours sur le fleuve Sénégal, c'était l'occasion de faire des balades en pirogue, à la découverte d'îles et de villages, où l'accueil, chaleureux et spontané, est inoubliable.

              

         Enfin, à la plus grande joie de notre vieux colonial de Tronc, la région jouit d'une histoire très riche. Le fort de Médine, que nous avons visité, en témoigne. C'est là que les Français ont été assiégés par El Hadj Omar Tall, qui voulait à l'époque bâtir un vaste empire musulman en Afrique de l'Ouest, et qui dominait une grande partie de la sous-région. Mais, surprise, alors qu'au Sénégal, le personnage m'avait toujours été présneté comme un héros, ici, les gens lui ont préféré Faidherbe, et les colons français, moins gourmands en impôts et moins violents. El Hadj Omar a perdu la bataille de Médine. de là, les Français sont partis conquérir le reste du Mali. Il reste donc à Médine les vestiges du fort, en vois de restauration, les restes de l'école, une tour ayant appartenu à la Banque de France, et un cimetière français, où reposent des soldats et les premiers métis du coin, fruits du mariage entre le premier Blanc débarquant dans ce petit village et la fille du chef du village.



Publié dans : monaadakar
Samedi 26 juillet 2008 6 26 /07 /Juil /2008 11:10

Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

               Histoire de finir en beauté cette aixpatriation, rien de tel qu'un vrai long voyage, au-delà des frontières du Sénégal. Nous avons donc décidé de faire route vers le Mali, avec Kevin et mon ex-coloc Madou, venue pour l'occasion.
                Mais le Mali ne s'offre pas si facilement... De toute évidence, institutions financières et moyens de transports s'étaient coalisés pour nous empêcher d'atteindre notre but. Heureusement, valeureux et intrépides, nous avons surmonté une à une toutes les difficultés :

Nous avons rallié Tambacounda depuis Dakar en 21h le premier jour (au lieu de 12h habituellement)
Nous avons fait une déclaration au commissaire pour l'argent mytérieusement envolé de mon compte dans ladite ville, et nous nous sommes fait financièrement ravitailler par mandat western union (et encore 24 et plus de perdues quand même)
Lorsque tout fut fait, nous nous sommes effectivement dirigés vers la frontière, ou le but du jeu était d'obtenir un visa. Ce qui fut assez simple Une fois le visa empoché, il a par contre fallu PASSER la frontière, et faire face au flic véreux qui cherchait à tout prix son pot-de-vin en essayant de nous faire croire que nous avions besoin d'une autorisation de sortie du territoire de la France !!! Heureusement que nous connaissons un minimum le droit et que les mots étudiants à science-po l'en ont persuadé !!
Passé tout cela, 8 petites heures de voiture, serrés à 10 personnes (9 passagers, le chauffeur) dans un break 505, il ne nous a plus fallu que 4 heures d'un confort extrême pour atteindre Kayes, un chef-lieu de la région occidentale du Mali, d'où nous n'avons pas trop bougé, bien refroidis des transports !

Publié dans : monaadakar
Mardi 22 juillet 2008 2 22 /07 /Juil /2008 11:06

Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

            Vous vous rappelez de Rastaman, mon cher voisin du dessous, j'espère ? "Artiste" de profession, c'est-à-dire arpentant les rues de Gorée la journée durant, disant à tous les Blancs qui passent 'hey, mon ami, mon frère, viens voir mes tableaux". Il est aussi, souvenez-vous, étalon pour quinquagénaires européennes à ses heures perdues.
              Et bien, Rastaman est papa ! Depuis une semaine, un môme d'environ deux ans (je suppose, la puériculture ne figurant ni parmi mes hobbys, ni parmi les matières étuidiées) a fait irruption dans son appart. 
              Ce qui change notre environnement sonore, qui alterne entre des gouzi-gouzi et des braillements. 
              Mais la présence de ce gosse ne change en rien les habitudes du père, et quel père, qui continue de se saouler, de fumer son herbe, et de temps en temps de piquer une grosse colère contre nous. Par exemple hier soir. En fait, c'est Marie qui s'est tout pris, la pauvre ! (Kevin et moi n'étions pas là). Elle était tranquillement en train de discuter avec son copain, quand le fou éclata "Mais connards de Français, vous voyez pas qu'il y a un bébé ici, pas moyens d'être tranquille, les Africains sont pas comme ça, mais ces putains de Français, comme si ils nous avaient pas assez fait chier pendant des années, faut encore qu'ils viennent foutre la merde chez nous !"

               Le mieux avec ce type-là, c'est encore de ne pas rentrer dans son jeu, et de ne surtout pas lui retourner son racisme à la face, mais bon sang, on doit quand même se retenir pour pas lui retourner deux baffes !

            

Publié dans : monaadakar
Vendredi 4 juillet 2008 5 04 /07 /Juil /2008 23:20

Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

              Cette fois, c'est bel et bien fini, la belle aventure du Quotidien est derrière moi. Le Sénégal, pas encore tout à fait, mais cela ne saurait tarder maintenant.
               Ayant la larme facile, j'ai renoncé à organiser un pot, surtout que je n'aurais pas eu le temps de le préparer : à peine revenue de mon voyage dans le Saloum, je suis restée jusqu'à 1h du mat' l'ant-dernier jour, et j'ai rendu 2 papiers le dernier... Ou comment travailler jusqu'au bout...
                 Je pense que je passerai deux ou trois fois au boulot, du mons si les circonstances me le permettent, mais ça fait bizarre de se dire qu'on ne fait plus partie de la petite équipe. J'ai eu du mal à faire le tour des bureaux pour dire "au revoir" à tout le monde, mais voilà qui est fait.
                Les 10 jours à venir ne devraient pas être particulièrement intéressants : il me faudra m'atteler cette fois sérieusement à ce fichu mémoire, cela dit, il y a encore l'escapade du Saloum que j'ai promis de raconter. Puis, le 13 ou 14 juillet, départ pour LE périple, direction le Mali, et puis où nos pas, les véhicules sénégalais et donc le hasard nous mèneront !

Publié dans : monaadakar
Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 01:34

Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

         Me voilà de retour d'un petit voyage que je vous raconterai dès que possible. 
        A peine arrivée le vendredi soir, j'ai mis mon réveil pour le samedi : le matin, il y avait une manif. En effet, un journaliste sportif s'est fait tabasser par des policiers le week-end dernier en voulant faire son travail (assister à un match de foot, pas recueillir des informations capitales pour la sûreté de l'Etat). Il est actuellement encore à l'hôpital. Face à cette "bavure" de policiers dressés à prendre les journalistes pour la peste suprême, les différents organes de presse ont décidé de mener une action commune, une marche pour la liberté de la presse et l'arêt des violences policières contre les journalistes. Je ne pouvais pas ne pas y aller (ok, j'avoue, j'aurais quand même bien dormi, mais puisque certains ici comptaient se lever, ça m'a motivée). Kevin et moi sommes donc partis pour le centre ville, o nous avons pris la manif en marche. Il y avait bien plus de monde que ce que j'avais pensé, ce qui m'a fait plutôt plaisir, mais nous étions les deux seus Blancs au milieu, on peut dire qu'on nous repérait de loin ! Beaucoup de confrères nous reconnaissaient, mais d'autres se demandaient un peu ce qu'on pouvait bien faire ici, persuadés sans doute que nous étions deux touristes à la découverte du folklore local ! Il y a même eu un gars qui est venu nous remercier de les soutenir... Toujours étrangers...
          Tout s'est déroulé dans le calme, sans aucun dabordement, notamment parce que les policiers ont eu la présence d'esprit de ne pas trop se montrer, bien qu'ils aient été là en nombre. Seul petit incident : ma tong qui me lâche après 5 minutes de marche ! Heureusement, on était en plein quartier chinois (et oui, il y a un quartier chinois à Dakar), et il n'a pas été difficile d'en prendre une nouvelle paire dans la première boutique venue.
             Cette manif a aussi été l'occasion pour moi de dire "au revoir" à bon nombre de confrères d'autres organes, car il ne me reste que 2 jours de travail, aussi est-il très peu probable que je les recroise sur le terrain.

Publié dans : monaadakar
Dimanche 29 juin 2008 7 29 /06 /Juin /2008 17:21

Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

                  Nous avons baptisé "Rastaman" notre voisin du dessous, Julien de son vrai nom, avec qui nous avons un peu de mal. Ce surnom lui a été donné pour des raisons évidentes à comprendre. Mais en plus de sa cheveulure dreadeuse, Rastaman partage les autres caractéristiques du Rastaman sénégalais typique : en plus de boire et de fumer, comme tout dreadeux qui se respecte, il offre ses services aux vieilles touristes européennes en manque de septième ciel. Et il faut croire que c'est un commerce qui fonctionne bien et que sa clientèle est satisfaite, d'après les bruits que nous entendons à toute heure et la probabilité élevée que nous avons de nous heurter à des Espagnoles sur le retour dans les escaliers, lorsque nous rentrons chez nous en pleine coupure d'électricité.
           Rastaman avait, les premiers temps de notre emménagement, tenté de nous approcher : invitations à des soirées, visites quotidiennes... Mais comme les lendemains de soirée, il venait nous demander de lui rembourses les dépenses imaginaires faites en notre honneur et que quand nous rentrons chez nous après une dure journée, nous aimons bien être tranquilles, je lui ai un soir un peu aigrement signifié qu'il n'était pas le 4ème habitant de chez Chooks. Et, depuis, Rastaman ne nous aime pas.
           Quand on le croise dans les couloirs ou dans la boutique en bas, nous saluons sans aucune réponse, et parfois, lorsque nous sommes chacun dans une pièce différente (kevin sur son ordi, moi en train de faire la vaisselle et marie endormie dans sa chambre), toute musique éteinte, Rastaman, qui adoooooooooooore mettre du reggae jusqu'à 4h du mat ou le matin quand il se lève, vient se plaindre que nous faisons trop de bruit. Il faut préciser que la pompe qui fait monter l'eau jusqu'à notre 2ème étage n'est pas silencieuse, mais bon...
           La dernière fois, excédée, et sachant très bien que dans cet immeuble tous les bruits s'entendent, je ne me suis pas gênée pour dire très fort à Kevin "Lui il peut mettre de la musique 3h, mais nous, on ne peut pas faire la vaisselle à 23h ?? mais qu'il aille se faire foutre !" Provocation, je l'admets. la réponse ne s'est pas faite attendre. Rastaman, s'adressant sans doute à son ami imaginaire, a hurlé depuis son studio "salauds de Français, ils nous ont foutu sur la gueule pendant 2 siècles et maintenant ils viennent nous emmerder chez nous"...
            Bref, comme vous le voyez, l'harmonie règne dans cet immeuble !

Publié dans : monaadakar
Jeudi 5 juin 2008 4 05 /06 /Juin /2008 00:21

Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

                Ca y est, j'ai fait les neuf mois de stage prescrits par l'IEP. Théoriquement, mon contrat s'arrête ce soir. Le moment est venu pour moi de tirer ma révérence. Oui, mais voilà, je crois l'avoir déjà dit, je n'ai pas envie de partir. D'un autre côté, j'ai un mémoire à faire, ainsi qu'un rapport de stage. 
                J'ai passé des jours et des jours à tergiverser... Pendant trois semaines, ça a été j'arrête - je continue - j'arrête - je continue. Finalement, j'ai coupé la poire en deux : je continue jusqu'à la fin du mois de juin, mais en ne travaillant que trois jours par semaine. Simple, mais il fallait y penser !

Publié dans : monaadakar
Mardi 3 juin 2008 2 03 /06 /Juin /2008 02:52

Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

                  Ce week-end, mes chers colocataires étaient partis en Gambie, histoire de régulariser leur situation (sortir du Sénégal pour y revenir avec un nouveau visa de trois mois). Ayant épuisé mes congés, du boulot, et d'autres projets pour mon samedi (la curiosité est un vilain défaut, savez-vous ?), je ne les ai pas accompagnés.
             Dimanche soir, en sortant tard du boulot, je trouve mes deux voyageurs qui m'attendent, un grand sourire aux lèvres, même s'il est un peu crispé, leur sourire : "On a ramené une surprise"
            Je sais pas pourquoi, mais de suite, je m'attends au pire... Ils s'écartent et me montrent... un chaton tout noir, le ventre tout gonflé par la malnutrition, et infesté de puces. Ils l'ont ramené de Gambie en 7 places, il était avec ses frères et soeurs dans l'hôtel où ils logeaient, il leur a fait tellement pitié et il s'était tellement attaché à eux qu'ils l'ont... volé ! Ils sont partis de l'hôtel le dimanche matin, le chaton dans le sac à dos. Le retour a parait-il été épique : un chat noir, vous comprenez, ça porte malheur, leur a expliqué le chauffeur du taxi-brousse, qui avait vraiment besoin de 4000 francs pour surmonter sa peur... Et puis l'estomac du bébé (qui s'appelle Vladimir, je vous laisse deviner qui l'a baptisé) a mal supporté les sardines à l'huile que ces deux irresponsables lui avaient donné la veille, et le résultat ne se fait pas attendre...
              Enfin, bref, après toutes ces péripéties, les voilà à la maison avec le sac à puces, affichant un air bravache, mais redoutant ma réaction, comme ils me l'ont ensuite expliqué. Je gueule un peu pour la forme : non seulement c'est irresponsable, mais en plus c'est pas hygiénique, il va nous apporter plein de maladies, en plus il est tellement mal en point que peut-être il ne survivra pas... En fait, je suis enchantée. j'ai passé les soirées d'hier et d'aujourd'hui à câliner Vladimir sur mes genoux, je lui prépare amoureusement des petits bouts de poulet, je le laisse jouer avec la ficelle de mon pagne le matin, quand je fais la vaisselle...Le tout, sans transiger sur les principes d'hygiène, suis pas totalement folle, bien se laver les mains, aucun contact entre l'animal et la natte où on mange, pas de papouilles...
               Nous savons tous les trois que si j'avais été en Gambie avec eux, j'aurais joué les raisonnables (voire les rabats-joie) et les aurais empêché de commettre cette folie. Conclusion : je suis bien contente d'avoir eu du boulot et des projets pour mon week-end !

Publié dans : monaadakar
Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /Juin /2008 02:33

Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire

             Aujourd'hui, pour le boulot, je devais me rendre au commissariat central. Là, en attendant mon rendez-vous, je sors faire un tour. Dans la rue devant le commissariat, j'entends qu'on me hèle depuis une fenêtre, par un de ces "psssssssssssst" qui sont dans mon esprit réservés aux chiens. je veux agir à mon habitude et l'ignorer royalement, mais impossible : tous les policiers qui stagnaient devant le commissariat m'interpellent et me disent de monter répondre à l'inspecteur ou je ne sais quoi. Comme j'ai pas encore eu les infos que je voulais, c'est pas le moment de taper un scandale au commissariat, je m'exécute donc.
              En haut, le gars commence à me sortir un baratin, genre "tu es très mignonne, j'aimerais bien faire ta connaissance", et là, j'en suis encore très fière, l'inspiration m'est venue pile au bon moment, et j'ai pu lui sortir "ben écoutez, c'est pas que je veux pas, mais mon boulot me prend énormément de temps, et je viens d'apprendre que je suis enceinte, il faut donc que je me ménage," Et miracle, il m'a aussitôt laissée repartir !

J'ai trouvé ma réplique anti-chamucheur !!!!!
 

Publié dans : monaadakar
Samedi 24 mai 2008 6 24 /05 /Mai /2008 04:04

Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire

           Hier matin, les habitants de Chez Chooks étaient plongés dans une discussion de très haute portée morale (rdv gynécologiques et visites médicales de l'armée avec tâtages à la clé), lorsqu'un "Salam Maleikoum" retentit au-dessus de nos têtes. La voisine était sur le toit-terrasse, juste au-dessus de nous, et nous parlait et nous observait par une ouvertures, qui fait chez nous comme un balcon intérieur (difficle de faire comprendre l'architecture d'ici, même photos à l'appui).  Heureusement pour nous, elle n'avait pas l'air de parler un traître mot de français, elle n'a donc pas été choquée par nos propos.
            Toujours est-il qu'elle avait l'air d'avoir quelque chose à nous dire. Barrière linguistique. Tout d'un coup, elle tend une pile de linge au-dessus de nous, et je comprend enfin : c'est MON linge, que j'avais étendu la veille, qu'elle me demande de venir récupérer pour pouvoir mettre le sien. Je m'exécute, monte à la terrasse, et redescends les épaules chargés. Puis je me rassois à ma place et reprend ma tasse du ptit déj', quand une culotte bleue arrive à mes pieds. (Une culotte à moi, cela va sans dire). Je lève la tête, et je vois toujours la voisine, qui me fait comprendre que j'ai oublié quelques sous-vêtements, Elle me signifie qu'elle va me faire passer les autres par le même chemin que la culotte bleue. je veux me récrier : l'ouverture par laquelle elle a lancée cette dernière est à moitié obstruée par des barreaux, et notre "balcon" est en diagonale par rapport à elle.  Même si elle a réussi une fois, les chances que cela se reproduise sont faibles, surtout qu'elle a visiblement l'impression d'en expédier plusieurs d'un coup.
               Mais avant que j'ai le temps de dire "ouf", voilà mes sous-vêtements dans les airs... puis tout en bas, au rez-de-chaussée, dans la cour crade du proprio, au milieu des chiures d'oiseaux. Déjà, ça, ça fait pas plaisir. Mais c'est encore pire quand on connaît la personnalité du proprio : non seulement il ne serre pas la main aux femmes (ça, je commence à m'habituer), mais il a carrément PEUR des femmes ! Quand on le croise, il ne s'adresse donc qu'à Kevin, et si Marie ou moi avons le malheur de lui poser une question, il nous regarde avec des yeux craintifs, avant de nous répondre très vite avec des monosyllabes.
             Donc tout à fait le genre de type chez qui on a envie de sonner pour lui dire "Excusez-moi, il y a une culotte et un string à moi dans votre cour" !!!!
             Pour ne pas avoir à affronter cette situation, je sors donc engueuler la voisine et lui demande de me ramener mes affaires. Et tout se termine ainsi !

Publié dans : monaadakar
Vendredi 23 mai 2008 5 23 /05 /Mai /2008 12:37

Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés